VOYAGE DANS
LE TOURMENT…TOURMENT DANS LES SPHERES.
… Voilà… mon corps...
Il échappe
Comme une fourmilière de poupées
Uniformes…
Comme un enfant armé de sa pensée…
Comme toi
Oh fille du baydar ***
Comme moi…
Avec deux paumes qui se sont lavées…
A l’orée du soleil
Je protège
Les fœtus du baydar
Contre un ciel…
Qui se nourrit de la poche de nos ongles
Un ciel désœuvré comme les profondeurs de la terre de la demeure
Un ciel qui raille les ancêtres
Qui ont bu les tasses de la création…
Tu étais...tellement seul…
Et le temps était tellement bébé
Que… tu poursuis l’ombre de ton nuage
Mais … les nuages… étaient-ils morts…
Pour qu’ils soient étendus sur un sabot qui lèche l’odeur de la pluie ?
Oh…mon corps visage de la bourbe…
Les cendres de la nuit ne tissent pas
De drap en eau sur l’épaule
De l’aube…
Et moi… Là bas…
Je n’ai que le hennissement du baydar… pour compagnon…
S’il y a… quelque chose… qui vous dérange…dans le texte…
Il y a … quelque chose… qui dérange… la mémoire…
Un enfant… tourmenté…. cultive la pensée
Dans le vacarme du tourment…
Pour un grain de boue qui s’entraine à l’envol…
Un grain de boue… Qui a la taille de l’odeur des pommes…
Un grain de boue… rassuré par sa pensée…
A l’ombre d’un oiseau…
Qui s’est purifié grâce au legs du blé du baydar…
Il y a ….de l’eau calcifiée dans la mémoire
Et il y a …quelque chose …qui nous tourmente…
Oh dieu embryon…
Ton ciel…mord la taille de notre herbe
Et les navires égarés dans les vagues
Parient… la direction de leur marin…
Les chevaux sont calmes . . .
Et l’enfant armé de sa pensée
Enflamme l’ombre de l’eau……..
Et l’eau…est l’écho… de la voix de la fille du baydar qui…
Pendant l’agonie des nuages
Tisse l 'invisible avec
la pluie
Et moi…échappant à mon tourment
Je puise chez les ancêtres
Un oiseau…un enfant… une pensée…
Ainsi…nous désagrégerons les nuages bâtards
Du blanc de l’embryon
Puis, nous inculquerons…les détails de nos visages
Aux enfants de craie qui nous suivront
Afin que nous voyions…
Le sourire du baydar… comme un fœtus
Sur nos genoux…
Oh… Oh …fille du baydar
Avant l’embrasement du dernier matin
Nous transformerons notre corps en vent
Nous arracherons des profondeurs de la terre de la demeure
Un ciel…qui discute avec deux amants
Le voyage dans le tourment …
Le tourment dans les sphères…
Et moi… me voila…là… Je me sens mal…
Mais… avide de voir un matin reporté
Pour un soir qui nous a dépassés depuis un instant…
Les chevaux… pareils aux palmiers…
Et les palmiers … sont inclinés… égarés…
Des chevaux pour nous… et un jour contre nous…
Pour nos doigts pas de pensée à traire
Et pas de chamelle…née en fin de soirée pour nous aimer
Et pas d’élites à l’ombre d’un palmier
Et notre inclination… diffère de la leur …
Ils ont l’art de chercher la bénédiction de l’orient
Et vous…vous pouvez vous désorienter de l’orient…
Je me sens mal…
Mais… je ne navigue jamais d’une ombre vers une autre
J’ouvre au vent… les dictionnaires de ma langue
Mais il refuse d’y entrer
De peur que je ne le préoccupe…
Et moi… je ne suis point préoccupé…
Autrefois…
Le baydar avait l’odeur du pain
Et celle que dégageait…notre rêve…
Autrefois,…
Ma grand-mère…tissait le soleil sur ses joues…
Et rougissait à distance tant elle était timide….
Nous, nous étions préoccupés par les chevaux
Autant qu’elle l’était par nous…
Nous…nous ne subtilisions pas d’allée… Ni
Cueillions des nuages… pas à nous…
L’eau était le visiteur du baydar
Et l’enfant… vert… avait quarante ans…
La boue nous la connaissons… et elle nous connaît
Elle nous conçoit dans la joie du baydar
Et nous la concevons dans notre rêve…
Un corps qui surprend la terre
Quand il échappe au tourment…
Le baydar a fermé
La porte de son exil …pour… s’endormir
Un peu…et quand… il reviendra d’un voyage
Et quand il sera à mi chemin……..
Comme j’aimerais….
Qu’il finisse son voyage dans
Le mien… Alors, je fêterai le grain
De boue que j’aurai préparé à l’envol…
Toi, le baydar…………
Un enfant armé de sa pensée………..
Et moi……………
S’il y a… quelque chose qui les tourmente
Il y a….de l’eau… qui se tisse
Sur les épaules du baydar
Afin que l’enfant se purifie
Du vacarme du tourment….
……………………………..
……………………………
Du tourment dans les sphères…
*** Baydar: champ de battage de
blé
r
Samia Lamine©2010
Poème de FAWZI AMMAR traduit de l’arabe par SAMIA LAMINE.
CI-DESSOUS LE POEME DE FAWZI AMMAR DANS SA VERSION ORIGINALE EN ARABE:
رحلة في القلق.... قلق في الدوائر....
...ها....جسدي....
ينفلت...
كعرائس نمل
أحادية الشّكل...
كطفل مدجّج بفكرته...
كأنت يا ابنة البيدر
كأنا...
بكفّين اغتسلتا
عند مشارف الشّمس
أخبئ...
أجنّة البيدر
عن سماء...
تقتات من جيب أصابعنا
سماء عاطلة... كجوف تراب البيت
تستهزئ بأسلاف
شربوا فناجين الخلق
كم... كنت بمفردك...
وكم... كان الوقت رضيعا
كي ... تقتفي ظل غيمتك
و هل...كان الغيم قتيلا...
ليسجّى على حافر يلعق رائحة المطر
يا... جسدي وجه الحمإِ
رماد اللّيل لا ينسج
شرشف ماء فوق كتف
الفجر...
و أنا... يصحبنيي صهيل البيدر...ها...
هنا...
إن... ثمّة... ما... يقلقكم... في النصّ
ثمّة... ما... يقلق الذّاكرة
طفل... على شفا مضض
يستنبت الفكرة...
من... ضجيج القلق…
لحبّة طين... تتدرّب على الطيران
حبّة طين
بحجم.......
رائحة التفّاح تستأنس
بفكرته... تحت ظل طائر
اغتسل بميراث قمح البيدر
ثمّة..... ما...ء... تكلس في الذّاكرة
و ثمّة... ما... يقلقنا
أيّها الرّبّ الجنين...
سماؤك... تقضم خصر عشبنا
و المراكب في اغتراب الموج
تقامر... وجهة بحارها
يا... يا... ابنة البيدر
قبل احتراق الصّباح الأخير
نشكّل الجسد ريحا
تقتلع من جوف تراب البيت
سماء... تجادل عاشقين
رحلة في القلق...
قلق في الدوائر...
و أنا...ها هنا...
لست على ما يرام
لكنّني استعجل صباحا تأخّر
لمساء تجاوزنا قبل حين
الخيل...
أشبه بالنّخيل...
و النّخل...
مائل في اغتراب...
خيل.... لنا ويوم.... علينا
لا فكرة..... للأصابع نحلبها
و لا ناقة..... تولد في الهزيع تألفنا
و لا نخبة..... تستظلّ بنخلة
و لا...... في انحنائنا.... كانحنائهم
لهم..... فن التبرّك بالشرق
و لكم.... أن تستشرقوا عن الشّرق
لست على ما يرام...
لكنّني... لا أبحر من ظلّ إلى ظلّ
افتح للّريح... معاجم لغتي
فتأبى الدّخول
مخافة انشغالها بي...
و أنا... لست منشغلا...
قديما...
كان البيدر برائحة الخبز
و ما... تسرّب من حلمنا
جدّتي....
تحيك الشّمس على خدّها
وتستحي... على بعد ميل
كان انشغالنا بالخيل...
كانشغالها بنا...
لا نسترق ممرّا... و لا...
نقطف غيمة ليست لنا
كان الماء زائر البيدر
و كان الطّفل أخضر الأربعين
الطين نعرفه... يعرفنا
يشكّلنا من فرح البيدر
نشكّله في حلمنا...
جسدا يفاجئ الأرض...
حين ينفلت عن القلق
اقفل البيدر...
باب... غر... بته...لينام
قليلا حين يعود من سفر
استقطع نصفه...
و ما أحوجني...
أن يستكمل السّفر في
سفري... فأحتفل بحبة
طين درّبتها على الطيران
ابنة البيدر...........
طفل مدجّج بفكرته...........
و أنا.............
ان ثمّة... ما ...يقلقهم
ثمّة... ما...ء... ينسج
فوق كتف البيدر
ليغتسل الطّفل
من ضجيج القلق
…………….
…………….
قلق في
الدوائر...
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